Zambie : voyage au bout du monde

… Pour de nouvelles découvertes !

Qui dit nouvelle année, dit nouvelle virée en Afrique évidemment. Nous commençons à avoir fait le tour des Atheris… Mais deux trois espèces nous résistent encore. Une toute particulière, particulièrement méconnue, existe en RDC et a également été observée en Zambie. Voilà une nouvelle aventure qui commence !
C’est donc accompagné de mes habituels acolytes, Yannick et Robin, ainsi que une fois n’est pas coutume, de Mme Berroneau, que nous sommes partis pour deux semaines en Zambie.
Et pas n’importe où en Zambie, tout au nord, à la frontière avec la RDC, où existe une forêt dense et humide, propice à la présence d’une espèce bien particulière, Atheris katangensis, la Vipère du Katanga, rien que ça !
Une espèce décrite il y a longtemps déjà (1953), mais dont nous ne savons pas grand chose… Les photos de l’espèce sont ultra rares, et se comptent sur les doigts d’une main. C’est parti !

A new year means a new trip to Africa, of course. We’ve pretty much covered all the Atheris species… But some species still elude us. One very special, particularly little-known species exists in the DRC and has also been observed in Zambia. A new adventure begins!
Accompanied by my usual companions, Yannick and Robin, and, for once, Ms. Berroneau, we set off for two weeks in Zambia.
And not just anywhere in Zambia, but in the far north, on the border with the DRC, where there is a dense, humid forest, ideal for the presence of a very special species, Atheris katangensis, the Katanga viper, no less!
A species described long ago (1953), but about which we know very little… Photos of the species are extremely rare, and can be counted on one hand. Let’s go!

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Malawi & Mozambique : inaccessibles serpents – inaccessible snakes

Atheris mabuensis

Depuis plusieurs années déjà, je parcours régulièrement l’Afrique à la recherche des vipères les plus rares, les plus folles, ou les plus difficiles d’accès. Chaque année avec succès puisque nous avions toujours réalisé nos objectifs. Mais nous avons mis la barre encore plus haut cette année, en visant deux espèces particulièrement peu observées, à savoir Atheris mabuensis et Proatheris superciliaris.

Présentation : Atheris mabuensis est une Atheris qui a la première particularité d’être terrestre. Sans compter la très particulière Atheris barbouri, elles sont quand même très rares dans ce cas. Surtout Atheris mabuensis n’est connue quasi exclusivement que du Mont Mabu, une montagne totalement isolée située dans le nord du Mozambique. C’est donc une des espèces d’Atheris présentant la plus petite aire de répartition. Elle n’a été décrite qu’en… 2009 !

Proatheris superciliaris est la seule espèce du genre Proatheris. C’est une vipère dite de « marais de basse altitude ». L’habitat typique de l’espèce est en effet les basses plaines inondables qui bordent le lac Malawi. Sa répartition est donc plutôt large puisqu’elle atteindrait la Tanzanie au nord et le Mozambique au sud, mais le nombre d’observations de l’espèce se comptent sur les doigts d’une main… Soit l’espèce est particulièrement rare, soit elle est particulièrement discrète et/ou difficile à observer !

For several years now, I’ve been regularly visiting Africa in search of the rarest, craziest and hardest-to-reach vipers. Every year with success, since we’ve always achieved our objectives. This year, however, we set our sights even higher, targeting two particularly little-observed species: Atheris mabuensis, the Mt Mabu Bush Viper, and Proatheris superciliaris, the Lowland Swamp Viper.

Presentation: Atheris mabuensis is an Atheris with the primary characteristic of being terrestrial. Not counting the very special Atheris barbouri, they are still very rare in this case. Above all, Atheris mabuensis is known almost exclusively from Mount Mabu, a totally isolated mountain in northern Mozambique. It is therefore one of the Atheris species with the smallest range. It was only described in… 2009!

Proatheris superciliaris is the only species in the genus Proatheris. It is a so-called “lowland swamp viper”. The species’ typical habitat is the low-lying floodplains bordering Lake Malawi. Its distribution is therefore rather wide, reaching as far as Tanzania in the north and Mozambique in the south, but the number of sightings of the species can be counted on the fingers of one hand… Either the species is particularly rare, or it is particularly discreet and/or difficult to observe!

 

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Retour en images sur l’expédition “Les écailles de la forêt”

Novembre 2023. Un mois en immersion totale au cœur de l’Amazonie pour une aventure exceptionnelle. Retour sur cette expédition inoubliable.

Un an de préparation, c’est ce qu’il a fallu pour constituer notre équipe de choc. Une équipe composée de scientifiques français, d’une équipe logistique, associée aux membres de la communauté Kichwa du village de Mandari Panga et de professeurs et étudiants  de l’Université d’Ikiam (Equateur).

Eunectes akayima

Eunectes akayima

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Atheris barbouri et Atheris matildae : Crypto vipers

Un an après mon premier passage en Tanzanie, me voilà déjà de retour. Mon but : trouver et photographier les deux vipères endémiques du pays, et parmi les plus rares d’Afrique et du Monde.

A year after my first visit to Tanzania, I’m back again. My aim: to find and photograph the country’s two endemic vipers, among the rarest in Africa and the world.

Atheris barbouri

Atheris barbouri

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Georgie : vipers paradise – Géorgie, le paradis des vipères

Voilà plus de 15 ans que je me devais de visiter la Géorgie. Beaucoup d’amis avaient visité le pays et me l’avaient fortement conseillé, et c’est finalement cette année que l’opportunité s’est offerte à moi.

It’s been more than 15 years since I was due to visit Georgia. Many friends had visited the country and strongly advised me to do so, and it was finally this year that the opportunity arose.

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Tanzanie, endémisme et serpents mythiques – Tanzania, mythical snakes

Dendroaspis angusticeps

Après une année 2022 sans voyage, il devenait urgent pour moi de retourner en zone tropicale… Et si possible en Afrique ! Après l’Ouganda, le Kenya, la Côte d’Ivoire, c’est en toute logique la Tanzanie et ses Atheris endémiques qui me tendaient les bras. En fait, nous avions déjà failli partir en 2022, mais la crise COVID avait eu raison du voyage. Cette fois, c’est la bonne !

C’est accompagné de mes classiques acolytes, Yannick, Robin, Fabrice, ainsi que de Jules, Agathe, et Gaëlle (qui s’est rattachée à la dernière minute), que nous partons pour une virée dans le sud-ouest du pays. Clairement pas le secteur le plus touristique, mais peu importe… au contraire même !

Pour schématiser, depuis l’épicentre économique du pays (Dar Es Salaam) en direction du sud-ouest du lac Malawi, s’étend une série de chaînes de montagne, habitées par une multitude d’espèces endémiques, dont évidemment, reptiles et amphibiens. C’est ici que nous irons !

Depuis nos points de départs respectifs, nous arrivons tous plus ou moins à la même heure, en début/milieu de nuit, à l’aéroport de Dar Es Salaam. Nous y attend Emanuel, qui sera notre guide pour deux semaines, déjà très souriant et enthousiaste. Nous filons directement à l’hôtel pour une première courte session de sommeil, avant le départ le lendemain matin, pour le premier secteur, les montagnes d’Uluguru. Une forêt ancienne et préservée, abritant un premier gecko endémique, Lygodactylus williamsi. Mais avant de décoller, petit déjeuner copieux, et pause photos avec les premiers reptiles du voyage, des Lygodactylus justement, pas vilains non plus : Lygodactylus picturatus. Ils sont très nombreux dans le jardin, accompagnés de quelques Hemidactylus et d’un Trachypelis striatus.

After a year 2022 without travel, it became urgent for me to return to the tropics… And if possible in Africa! After Uganda, Kenya, Ivory Coast, it is logically Tanzania and its endemic Atheris that I was looking forward to. In fact, we had already almost gone there in 2022, but the COVID crisis caused cancelation of the trip. But this one is the good one!

This trip was realised with my classic acolytes, Yannick, Robin, Fabrice, as well as Jules, Agathe, and Gaëlle (who joined us at the last minute). Our main goal is the south-west of the country. Clearly not the most touristic area, but it doesn’t matter… on the contrary!

To put it simply, from the economic epicenter of the country (Dar Es Salaam) towards the southwest of Lake Malawi, there is a series of mountain ranges, inhabited by a multitude of endemic species, including of course, reptiles and amphibians. This is where we will go!

From our respective departure points, we all arrive more or less at the same time, in the beginning/middle of the night, at the Dar Es Salaam airport. Emanuel, who will be our guide for two weeks, was waiting us, already very smiling and enthusiastic. We go directly to the hotel for a first short sleep session, before the departure the next morning, for the first sector, the Uluguru moutains. An old and preserved forest, home to the first endemic gecko, Lygodactylus williamsi. But before taking off, we had a copious breakfast, and a photo break with the first reptiles of the trip, Lygodactylus picturatus, not bad either. They are very numerous in the garden, accompanied by some Hemidactylus and a Trachypelis striatus.

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Reptiles et incendies – Reptiles and fire forest

Forêt de Brocéliande, en Bretagne. Des centaines d’hectares de forêts et de landes envolées dans un gigantesque incendie. Une situation qui n’est pas sans rappeler les milliers de km² brulés chez moi, en Gironde. Mais je n’ai pas encore pu m’y déplacer, les incendies ne sont toujours pas éteints, et l’accès est interdit.
Ici, nous sommes quelques jours à peine après les feux. Je décide de prendre quelques heures, avec l’aide du fiston, pour chercher quelques survivants. Il ne reste plus grand chose malheureusement. Ambiance pesante, beaucoup d’émotions.
Résultats des prospections : une Coronelle lisse miraculée, en déplacement dans les cendres, et de nombreux lézards plus ou moins calcinés : Orvet fragile, Lézard vert, Lézard des murailles…
Forest of Broceliande, in Brittany. Hundreds of hectares of forest and moorland burned in a gigantic fire. A situation that reminds me of the thousands of square kilometers burned at home, in Gironde. But I have not yet been able to move there, the fires are still not extinguished, and access is prohibited.
Here, we are only a few days after the fire. I decide to take a few hours, with the help of the son, to look for some survivors. Unfortunately, there is not much left. Heavy atmosphere, a lot of emotions.
Results of the prospections: an alive Smooth Snake, moving in the ashes, and many dead lizards more or less burned: Slow Worm, Western Green Lizard, Common Wall Lizard…

Coronella austriaca, still alive – encore vivante

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