Expédition Varan du désert

Desert Monitor Lizard expedition in Morocco

Début septembre 2026 a eu lieu l’expédition Varan du désert, au Maroc. Une mission de deux semaines, visant à acquérir des données uniques sur l’espèce, sur son écologie, ses menaces et sa conservation.

L’équipe :
Przemysław Zdunek, spécialiste des varans et membre de l’IUCN Monitor Lizard specialist group,
Abdellah Bouazza, professeur chercheur de la Faculté de Taroudant, et responsable de l’association Morocco Herpetology,
Matthieu Berroneau, herpétologue et photographe professionnel, de l’association Atheris,
Thomas Archambaud, réalisateur et vidéaste naturaliste.

Partenaires : IUCN SSC Monitor Lizard Specialist Group, Pole Sup Nature, Crocoparc d’Agadir.

Les missions de cette expédition étaient les suivantes :

– étude de l’écologie, des habitats et de la morphométrie du Varan du désert,
– identification de nouveaux habitats au Maroc et mise à jour de la répartition de l’espèce,
– premières actions de lutte contre les principales menaces identifiées dans la littérature,
– sensibilisation et éducation des populations locales et du grand public,
– publications scientifiques.

In early September 2026, the Desert Monitor Lizard Expedition took place in Morocco. This two-week mission aimed to collect unique data on the species, its ecology, the threats it faces, and its conservation.

The team:
Przemysław Zdunek, a monitor lizard specialist and member of the IUCN Monitor Lizard Specialist Group,
Abdellah Bouazza, research professor at the Faculty of Taroudant and head of the Morocco Herpetology association,
Matthieu Berroneau, herpetologist and professional photographer with the Atheris association,
Thomas Archambaud, filmmaker and videographer.

Partners : IUCN SSC Monitor Lizard Specialist Group, Pole Sup Nature, Agadir Crocoparc.

The objectives of this expedition were as follows:


– Study of the ecology, habitats, and morphometry of the desert monitor lizard,
– Identification of new habitats in Morocco and updating of the species’ range,
– Initial actions to address the main threats identified in the literature,
– Awareness-raising and education of local communities and the general public,
– Scientific publications.

L’expédition a débuté par une conférence grand public, au Crocoparc d’Agadir, où nous avons été accueillis comme des rois. Le public était rendez-vous, les questions nombreuses, merci encore ! Nous avons ensuite fait un arrêt à la faculté de Taroudant, afin de collecter les premières données morphologiques sur un cadavre de Varan précédemment collecté et stocké au laboratoire. Une étape également nécessaire pour valider les zones à prospecter, et préparer les actions de terrain…

The expedition began with a public lecture at the Crocoparc in Agadir, where we were welcomed like royalty. The audience turned out in force, and there were plenty of questions – thank you again! We then stopped at the University of Taroudant to collect initial morphological data on a monitor lizard carcass that had been previously collected and stored in the laboratory. This step was also necessary to validate the areas to be surveyed and prepare for fieldwork…

Puis direction plein sud, l’aventure et la quête du graal ! Plusieurs arrêts sur la route nous ont permis de vérifier différents pièges potentiels pour la faune. Des arrêts utiles, car de nombreux sauvetages ont pu être réalisés : Hemorrois hippocrepis, Hemorrois algirus, Spalerosophis dolichospilus, Daboia mauritanica et de nombreuses espèces de Lézards, dont Eumeces algeriensis ou encore Timon tangitanus.
Le lendemain, nous arrivons enfin sur la zone de présence du Varan du désert, et en fin de soirée, incroyable, un premier varan est trouvé au fond d’un réservoir ! Un varan très amaigri, peut être coincé depuis des jours voire des semaines… Il avait réussi à creuser un refuge dans le sable qui s’était accumulé au fond du réservoir, et avait probablement survécu si longtemps de cette façon. Il était clairement le temps d’arriver…

Then we headed due south, on an adventure and in search of the Holy Grail! Several stops along the way allowed us to check for various potential hazards to wildlife. These stops proved useful, as we were able to carry out numerous rescues: Hemorrois hippocrepis, Hemorrois algirus, Spalerosophis dolichospilus, Daboia mauritanica, and many species of lizards, including Eumeces algeriensis and Timon tangitanus.
The next day, we finally arrived in the area where the desert monitor is found, and late in the evening – incredibly – we found our first monitor at the bottom of a reservoir! It was a very emaciated monitor, perhaps trapped there for days or even weeks… It had managed to dig a shelter in the sand that had accumulated at the bottom of the reservoir and had likely survived for so long that way. It was clearly time for us to arrive…

L’expédition s’est poursuivi avec une réussite inouïe puisque, dans la foulée, un deuxième varan, celui-ci en parfaite condition physique (peut être tombé le jour même), dans un réservoir voisin ! Improbable ! Commence alors la mise en place d’un laboratoire improvisé au milieu du désert, à l’ombre d’un acacia : prises de mesures diverses, analyse de la condition physique, échantillon d’ADN (salive), puis relâcher, à distance respectable des pièges anthropiques. Bon vent et longue vie !
Le soir, nous profitons de quelques heures de pause et de repos pour une petite sortie nocturne, qui nous permet d’observer la superbe Echis leucogaster, entre autres.

The expedition continued with incredible success, as, shortly thereafter, a second monitor lizard – this one in perfect physical condition (perhaps having fallen that very day) – was found in a nearby reservoir! Unbelievable! We then set up a makeshift laboratory in the middle of the desert, in the shade of an acacia tree: we took various measurements, assessed its physical condition, collected a DNA sample (saliva), and then released it at a safe distance from human-made traps. Good luck and long life!
In the evening, we took advantage of a few hours of downtime and rest for a short nighttime outing, which allowed us to observe the superb Echis leucogaster, among others.

L’expédition a continué ensuite dans le même secteur, où nous vérifions de nombreux réservoirs de préférence les plus isolés et les moins fréquentés du public. L’idée, toujours : sauver quelques survivants de ces pièges mortels. La chance est encore avec nous, puisque, outre diverses espèces de reptiles (agames, Cerastes cerastes, Psammophis schokari), deux nouveaux varans sont découverts vivants dans deux nouveaux réservoirs… Incroyable ! Nous tentons la mise en place d’échappatoires pour les animaux (l’idée n’est pas de bloquer l’entrée aux puits aux animaux, ces puits étant, à certaines périodes, de véritables refuges, offrant fraîcheur et humidité, mais de permettre des entrées et sorties pérennes). Nouvelles prises de mesures, nouvelles analyses, quelques images et les animaux retrouvent leur liberté. Une petite morsure au passage, mais rien de grave, c’était sa façon de nous remercier.

The expedition then continued in the same area, where we checked numerous reservoirs – preferably the most isolated ones and those least frequented by the public. The goal, as always, was to rescue a few survivors from these deadly traps. Luck is still on our side, since, in addition to various species of reptiles (agamas, Cerastes cerastes, Psammophis schokari), two new monitor lizards were discovered alive in two new reservoirs… Incredible! We’re trying to set up escape routes for the animals (the idea isn’t to block the animals’ access to the wells – since, at certain times of year, these wells serve as true refuges, offering coolness and moisture – but to ensure they can enter and exit safely at all times). We took new measurements, conducted new analyses, snapped a few photos, and then the animals were set free. A little nip along the way, but nothing serious—it was his way of thanking us.

Il est temps de changer à nouveau de secteur afin de respecter le planning. Direction plein sud donc, dans une zone où les puits sont plus rares, et les habitats naturels plus nombreux. Nous cherchons ici à trouver et caractériser les abris utilisés par l’espèce. Des traces attestant la présence d’un Varan sont vite découvertes, et mènent à un terrier fraîchement utilisé… Le Varan est à l’intérieur, c’est certain ! Prise de mesures, et pose d’un piège photo automatique, que nous laisserons une journée entière sur site. Demain, nous aurons peut être des images de l’animal à l’entrée de son terrier ! Malheureusement c’est un échec : le Varan n’est pas sorti… pas d’activité aujourd’hui… Petite déception donc, mais rien en comparaison avec ce qui nous attend ensuite : nous découvrons, en analysant les cartes, une bassin qui avait échappé à notre vigilance. Nous y trouverons plusieurs cadavres morts de longue date… Une vipère à corne, un Uromastyx dispar, et un Varan de grande taille… Quelle tristesse. Le cadavre est conservé, et servira, lui aussi à la prise de certaines mesures.

It’s time to switch sectors again to stay on schedule. So we’re heading due south, to an area where wells are scarcer and natural habitats are more abundant. Here, we’re looking to find and identify the shelters used by the species. We quickly discover signs of a monitor lizard’s presence, which lead us to a recently used burrow… The monitor lizard is inside – that’s for sure! We take measurements and set up an automatic camera trap, which we’ll leave on site for a full day. Tomorrow, we might have images of the animal at the entrance to its burrow! Unfortunately, it’s a bust: the monitor lizard didn’t come out… no activity today… A minor disappointment, then, but nothing compared to what awaits us next: while analyzing the maps, we discover a pond that had escaped our attention. There we find several long-dead carcasses… a horned viper, Uromastyx dispar, and a large monitor lizard… How sad. The carcass is preserved and will also be used to take certain measurements.

Il est temps, à nouveau, de changer de secteur, pour une nouvelle zone où l’espèce est moins souvent observée, mais les réservoirs relativement nombreux. Notre visite sur place ne permet aucune nouvelle observation de varans, mais ne sera pas inutile, puisque de nombreux nouveaux animaux seront sauvés, dont une grosse Cerastes cerastes absolument remarquable de par sa robe particulièrement contrastée. Magnifique !

Il est déjà l’heure de rentrer en direction d’Agadir, avec les carnets plein de nouvelles données, qui nous serons utiles dans le futur. Commence le long travail d’analyse et rédaction, qui donneront notamment naissance à quelques publications scientifiques. Le temps aussi de monter les nombreuses images collectées par Thomas durant l’expédition, qui permettra la sortie d’un film documentaire, promis pour début janvier 2027 ! Hâte !

It’s time, once again, to move to a new area where the species is seen less frequently, but where there are relatively many reservoirs. Our visit to the site yields no new sightings of monitor lizards, but it won’t be in vain, since many new animals will be rescued, including a large Cerastes cerastes that is absolutely remarkable for its strikingly contrasting coloration. Magnificent!

It’s already time to head back to Agadir, with our notebooks full of new data that will be useful to us in the future. Now begins the long process of analysis and writing, which will result in several scientific publications. It’s also time to edit the many images Thomas collected during the expedition, which will lead to the release of a documentary film, scheduled for early January 2027! Can’t wait!

À propos de l'auteur: Matthieu Berroneau

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